Le mois de novembre s’achève sur un ensemble de magnifiques résultats pour le cabinet Turquin, qui enregistre l’un des bilans les plus marquants de son histoire avec plus de vingt millions d’euros d’adjudications. Cet événement illustre la solidité du marché de la peinture ancienne ainsi que la confiance renouvelée des maisons de ventes et des collectionneurs.
L’admirable David et Goliath inédit de Guido Reni, présenté chez Artcurial, s’est envolé 12 286 600 €*. Il constitue l’un des résultats les plus significatifs de l’année sur le marché international. Lors de la même vente le somptueux Jean-François de Troy, lui aussi inédit et conservé dans la même famille jusqu’à ce jour, constitue le deuxième prix le plus important pour l’artiste à 4 067 600 €. Une Vue du Pont du Rialto et de la Riva del Vin rare petit tableau peint sur bois par Francesco Guardi a quant à elle été adjugée 556 080 €.
Toujours active, la maison Ader enregistre une magnifique enchère avec les 221 000 € obtenus pour une scène de Pêcheurs dans une crique par Lacroix de Marseille. Un beau résultat pour le XIXe siècle avec un remarquable tableau d'Edgar Maxence qui a trouvé acquéreur pour 83 200 € toujours chez Ader.
Sous le marteau de Maître Solibieda à Orléans, un très beau prix enregistré pour un tableau inédit de la jeunesse de Laurent de La Hyre à 638 560 € ; ce résultat confirme l’intérêt croissant pour les maîtres français du XVIIᵉ siècle.
Enfin, il y a deux semaines, à Versailles, Maître Osenat a adjugé un Christ en croix inédit de Rubens qui n’était plus connu que par une gravure. A 2 940 800 €, cette adjudication vient couronner un mois d’enchères particulièrement dynamique.
Il y a clairement un très fort mouvement sur le marché des tableaux anciens vers une peinture plus expressive allant quelquefois jusqu'à la violence. Qu'un David contemplant la tête coupée de Goliath, un Christ au moment de mourir sur la croix de Rubens ou une scène de massacre à l'issue d'un banquet de Laurent de la Hyre puissent atteindre des prix pareils, c'est une nouveauté sur le marché. Mais ce dont nous sommes le plus fiers, c'est que si le Jean-François de Troy, le Guardi et le Lacroix de Marseille ne sont pas des découvertes puisque ces tableaux étaient signés ou connus des spécialistes, le Guido Reni, le Rubens et le La Hyre sont des découvertes, des tableaux disparus depuis 1625 pour le Rubens et le La Hyre et depuis 1795 pour le Reni. Notre équipe est réellement très fière d'avoir réussi à faire ressortir ces trois chefs-d'œuvre de leur longue nuit.
*Tous les résultats de ventes sont communiqués avec les frais
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