Mardi 07 juil. 2026 - IVOIRE CLERMONT - Bernard VASSY et Alain COURTADON - Clermont-Ferrand

Nicolas LOIR (Paris, 1624 - 1679)

La Sainte Famille au plat de figues

Toile

75 x 107 cm

Petits accidents

en bois sculpté à la feuille de chêne, redoré, travail de la vallée du Rhône du XVIIe siècle

Estimation : 15 000 - 20 000 €

Notre tableau est l'un des chefs-d'oeuvre de Nicolas Loir, peint pour un amateur, comme l'indique son format destiné à une galerie d'un collectionneur. Pour la délectation de celui-ci, le composition rassemble à la fois, des personnages, de l'architecture, un paysage fluvial et une nature morte. Les références picturales à Bourdon et Poussin assurent un certain raffinement à son propriétaire. Le peintre livre ici un hommage à la Sainte Famille à l’escalier de Nicolas Poussin dont il retient la rigueur géométrique, la composition en triangle, la surélévation du groupe sur un socle de pierre, tout un jeu subtile de courbes des figures qui s'opposent aux lignes horizontales du paysage et aux verticales des bâtiments, ainsi que la présence de la coupe de fruits au sol. De même, la recherche archéologique du sphinx et du bas-relief posés à droite, le paysage construit par plans successifs est bien dans l'esprit de Poussin. L'atmosphère limpide, lumineuse, sans contraste d'ombre, la touche fine et lisse appartiennent au courant atticiste parisien.

Loir affirme son goût pour le coloris et la tendresse des physionomies héritée de Sébastien Bourdon et Jacques Stella, par exemple dans le garçon agenouillé en blanc. La finesse de son trait et la délicatesse des gestes, comme ici l'échange gracieux entre les enfants, révèlent la mesure de son talent. Le plat de figues, associé aux fruits de la terre apportés à la Sainte Famille lors de la fuite d’Egypte, est traditionnellement considéré comme un symbole de fécondité.

Fils d’orfèvre, Nicolas Loir se forme auprès de maîtres illustres tels que Sébastien Bourdon et Simon Vouet avant d'entreprendre le voyage d’Italie entre 1647 et 1649. Ce séjour romain est marqué par sa rencontre avec Nicolas Poussin, dont l’œuvre exerce une influence déterminante sur sa peinture. À son retour, il est reçu à l’Académie Royale en 1663 grâce à la recommandation de Charles Lebrun. Talent polyvalent, il participe aux chantiers prestigieux de la Cour, notamment au Palais des Tuileries, de Vincennes et aux appartements de la Reine Marie-Thérèse à Versailles. Dezallier d’Argenville, qui possédait plusieurs de ces oeuvres, souligne chez lui un « grand talent » pour peindre les figures féminines et les enfants, ainsi qu’une « préférence pour le coloris ».

Nous remercions Moana Weil-Curiel de nous avoir confirmé l'attribution à Nicolas Loir, par examen direct de l'oeuvre le 9 mars 2026.