Mardi 16 juin 2026 - TAJAN - PARIS

Louis FINSON (Bruges, 1580 - Amsterdam, 1617)

Hermaphrodite et Salmacis dans une forêt

Panneau de chêne, une planche, non parqueté

50 x 71 cm

Porte une trace de signature sur l'écriteau à droite ; porte une trace d'inscription au revers du panneau à l'encre "FA" et un reste d'étiquette ancienne de douane.

Sans cadre

Estimation : 40 000 - 60 000 €

Provenance :
Selon la note du RKD : collections Dr. Erich Lübbert et Rolf Linnenkamp, Münich (avec une ancienne attribution à Pieter Lastman) ;
Collection particulière, Suisse (selon Ketterer) ;
Vente anonyme, Münich, Ketterer, 22 novembre 2013, n° 2 (Louis Finson).

 

BibliographieRKD permalien n°236693  (comme attribué à Finson).

 

Le sujet est tiré des Métamorphoses d'Ovide (livre 4, vers 285-388). Prise d'une passion dévorante pour Hermaphrodite, exceptionnellement beau, la naïade Salmacis se précipite sur lui lorsqu'il se baigne dans une source en Carie. Elle implore les dieux d'unir leurs corps pour l'éternité. Son souhait est exaucé et ils deviennent un seul être composite, à la fois mâle et femelle. Ce sujet inverse les représentation mythologiques habituelles où c'est un dieu qui tente de saisir une nymphe (Apollon et Daphné, Enlèvement de Proserpine).

Formé dans sa ville natale, peut-être dans l'atelier paternel, Louis Finson se rend à Rome au début des années 1600, avant d'être documenté à Naples en mars 1605. Partageant un atelier avec Abraham Vinck (1574/1575-1619), ils accueillent en 1607 Caravage en cavale depuis Rome, suite au meurtre qu'il a commis. ll est l’un des premiers peintres non italiens à avoir connu personnellement Caravage et à avoir possédé des oeuvres de lui. Durant son séjour napolitain jusqu'en 1612, l'artiste reçoit notamment la commande d'une Annonciation (Musée de Capodimonte). Au début de l'année 1613, il passe à Rome et débarque à Marseille, au plus tard le 27 février de la même année, accompagné du peintre Martin Faber (1587-1648). Grâce à la protection de Nicolas-Claude Fabri de Peiresc, il reçoit des commandes de portraits et de tableaux religieux pour plusieurs villes de Provence (Arles, Aix). Son périple se poursuit à Toulouse en 1614-1615, puis à Paris en 1615, avant de s'achever à Amsterdam. Le 19 septembre 1617, il rédige son testament et meurt le lendemain.

Il a souvent représenté des nus masculins et féminins en tension, avec le réalisme propre au naturalisme caravagesque, avec une découpe métallique propre à son style personnel. Les paysages sont plus rares dans son oeuvre. On en trouve dans la Toilette de Vénus ou le Martyre de saint Sébastien allongé à terre (collections particulières), ou ses deux retables laissés en Provence (La Lapidation de saint Étienne et L’Adoration des Rois, cathédrale Saint-Trophime, Arles, datés de 1614). Ils montrent une connaissance de l'évolution de ce genre à Rome, entre la fin du maniérisme et le naturalisme, apportée par Paul Bril et Adam Elsheimer. Signalons encore les effets d'agitation d'eau identiques à notre toile dans David et Bethsabée (collection particulière, 1610) ou ce goût d'une nature morte très délicate , ici des aubépines blanche (Adam et Eve au jardin d'Eden, collection particulière).

 

Le tableau est accompagne du certificat du Art Loss ALR Ref: S00265837 du 3 février 2026