Mercredi 04 mars 2026 - PICHON & NOUDEL-DENIAU (Azur Enchères) - Cannes
Giambattista TIEPOLO (Venise, 1696 - Madrid, 1770)
Vierge à l'Enfant
Toile ovale
53 x 41 cm
Etiquettes anciennes au revers : Kunsthaus à Zurich ; étiquettes avec les numéros 475 et 751 ; étiquette Christies.
Estimation : 60 000 - 80 000 €
Provenance :
Collection italico Brass à Venise (1940) Klaus Maus, Zurich, Vente à Londres, Christie's, du 16 décembre 1998, n°63 (92000 £)
Bibliographie :
Antonio Morassi, Le Arti, 1942, p. 90, fig. 5.
Antonio Morassi, A Complete Catalogue of the Paintings of G.B. Tiepolo, London, Phaidon press, 1962, p. 61, fig. 75.
Anna Pallucchini, L'opera completa di Giambattista Tiepolo, Milan Rizzoli editore, 1968, p.88, n°24,
G.M. Pilo, Per la giovinezza di G.B. Tiepolo, Arte documento, 10, 1996, fig. 61.
M. Gemin and F. Pedrocco, Catalogo dell' opera completa di Giambattista Tiepolo, 1993, no.29.
Filippo Pedrocco, Giambattista Tiepolo (traduit pas Odile Ménégaux), Paris, Flammarion, 2002, p. 202, n°33, reproduit p.203.
Exposition :
Zurich, Kunsthaus, Schönheit des 18. Jahrhunderts, 1955, no. 307
Soulignant l’inspiration « toujours piazzettesque » de notre tableau, qu’il date vers 1720-1722, Antonio Morassi rapproche notre tableau d'une autre Vierge Marie et l'Enfant Jésus, alors conservée dans la collection de C. Ajmone Marsan à Biella (op. cit., 1962, p. 6), de composition différente et légèrement antérieure. En effet, si le jeune Giambattista Tiepolo fait son apprentissage dans l'atelier du Gregorio Lazzarini, un peintre classicisant clair, ses premières oeuvres documentées témoignent de la connaissance des tendances plus novatrices de la peinture vénitienne, notamment du courant ténébriste de Giovanni Battista Piazzetta et Federico Bencovich. Ces deux influences se mêlent dans notre Madone, notamment par l'utilisation un peu dramatique du clair-obscur, ici donné par un flash qui tombe sur les fronts de la Vierge et de son fils, illuminant tout leur visage et décolorant les cheveux de l'Enfant. L’intimité poignante de la composition ne se retrouve dans aucune des autres oeuvres de Tiepolo de cette période : la tête de Jésus tombe en arrière dans le sommeil, alors qu'il tient dans sa main droite une petite croix, allusion à sa Passion ultérieure.
On devine déjà ici le génie naissant de Tiepolo, âgé d'environ vingt-cinq ans, lequel montre déjà la virtuosité, l'audace des raccourcis, dont il fera preuve tout au long de sa carrière. C'est à cette époque qu'il reçoit ses premières commandes importantes : des retables pour les églises San Stae, Sant'Aponal et la décoration de l'Ospedaletto de Venise.