Jeudi 09 avr. 2026 - AGUTTES NEUILLY - Neuilly sur Seine

Christoffel Jacobsz VAN DER LAMEN (Bruxelles, 1606 - 1651)

Joyeuse compagnie dans un intérieur

Toile

72.5 x 101.5 cm

Restaurations anciennes

Sans cadre

Estimation : 3 000 - 4 000 €

Né à Bruxelles en 1607, Christoffel van der Lamen commence et poursuit probablement son apprentissage auprès de son père, Jacob. En 1636, il intègre la guilde de Saint-Luc à Anvers, où il poursuit sa carrière jusqu’à sa mort en 1651.

Rapidement, il se spécialise dans les vrolijke gezelschap, littéralement « joyeuses compagnies ». Parfois réunies dans l’atmosphère feutrée d’un salon, parfois installées dans le cadre charmant d’un jardin fleuri, d’élégantes assemblées s’adonnent à une variété d’activités : jeux de cartes, conversations galantes, concerts improvisés ou discussions animées. Plus populaire dans les Provinces-Unies, le genre s’était particulièrement développé à la suite de Willem Buytewech et d’Esaias van de Velde (1587-1630). Parmi ses adeptes figurent Dirck Hals (1591-1656) à Haarlem, Pieter Codde (1599-1678) ou Willem Duyster (1599-1635) à Amsterdam. 

Le succès de ces sujets parvient jusqu’à notre artiste flamand, qui s’en approprie les codes : dans l’atmosphère chaleureuse d’un salon, d’élégants personnages se retrouvent pour un moment qui se fait joyeux au son du luth, enivrés du vin dont se remplissent les verres. Comme souvent dans ces joyeuses compagnies, l’un des personnages nous invite à entrer dans la scène et à prendre part à l’excitation ambiante. En retrait discret de sa camarade s’apprêtant à entrer, une jeune femme vêtue d’une robe rose porte son regard au-delà du tableau et croise directement le nôtre. Nous sommes invités à rejoindre le cercle, dont l’apparente légèreté ne doit pas faire oublier la dimension morale. Ainsi, sous le regard d’une scène biblique ou mythologique, les femmes se laissent séduire par de galants compagnons, tandis que le vin adoucit encore le moment.Dans ce décor feutré, van der Lamen travaille avec finesse les satins et les velours de ses tissus. Secondaire, le décor n’est presque fait que de teintes terreuses, laissant d’autant mieux ressortir la déclinaison de robes colorées et les rayonnantes touches de rouge çà et là. Le peintre montre qu’il est aussi attentif aux détails dans le travail des coiffures, qui s’ornent de perles, et dans le rendu des matières. Plus que ses confrères septentrionaux, il accentue le caractère décoratif de ces élégantes réunions de personnages.