Tuesday 08 Dec 2026 - FRAYSSE ET ASSOCIES - Paris

Jean-Jacques François LE BARBIER dit l'aîné (1738 - 1826)

Ulysse sortant de Sparte avec Pénélope pour retourner à Ithaque dit encore La Pudeur

Toile

128 x 169 cm

signé en bas à gauche et daté 1789

Ancient restorations

Estimate : 100 000 - 150 000 €

Provenance :
- Salon de 1789; - Vente Enghein les bains, 23 novembre 2014, n°351.


Le tableau a été gravé dans le même sens par Avril

l’esquisse, qui fit partie de la vente Chrétien en 1847 est passée en vente à Paris, Drouot Montaigne, étude AderPicard Tajan, le 12 décembre 1989, n°46, puis chez Piasa le 16 juin 2016, n°82.

La scène est inspirée du Voyage en Laconie de Pausanias:

Après leur mariage, Ulysse et Pénélope quittent Sparte pour aller vivre à Ithaque. Le père de Pénélope, Icarios, ne veut pas que sa fille parte. Il suit donc le couple et tente de les convaincre de rester. Ulysse demande alors à Pénélope de choisir entre son mari et son père. Pénélope ne répond pas directement : elle cache son visage derrière son voile. Ce geste signifie qu’elle choisit Ulysse, tout en manifestant sa pudeur et son respect pour son père. Icarios comprend alors la décision de sa fille. Touché par sa pudeur, il fait ensuite élever sur le lieu de la scène un monument consacré à la Pudeur.  

Le Barbier ne cherche donc pas seulement à raconter une histoire mythologique mais souhaite donner une véritable leçon de morale : la pudeur de Pénélope, son respect envers son père et sa fidélité envers son mari. Le rouge du vêtement d’Icarios attire le regard vers le conflit familial, tandis que les couleurs plus claires et le bleu de Pénélope donnent une impression de noblesse et de calme.

Pénélope est présentée comme une femme qui respecte son père mais qui reste fidèle à son mari. Son comportement est suffisamment digne et pudique pour devenir, dans le récit de Pausanias, un exemple de vertu.

Le sujet était d’ailleurs délicat : une critique publiée lors du Salon de 1789 remarquait que l’épisode comportait « peu d’action », mais qu’il exigeait surtout de la grâce et de la finesse dans l’expression.