Jeudi 02 juil. 2026 - AGUTTES NEUILLY - Neuilly sur Seine
Joseph Benoit SUVEE (Bruges, 1743 - Rome, 1807)
Nativité
Toile d'origine
30.4 x 16.5 cm
annoté au dos sur le chassis: Suvée
Estimation : 2 000 - 3 000 €
Nous remercions Anne Leclair et Sophie Join-Lambert de nous avoir confirmé l'attribution de cette toile à Joseph-Benoît Suvée, sur photo numérique et par courrier électronique en juin 2026.
En 1785, la maréchale de Noailles commande à Joseph-Benoît Suvée une Nativité[1] pour la chapelle de son hôtel particulier, rue Saint-Honoré à Paris. Saisie pendant la Révolution puis vendue, l’œuvre a disparu. Une réplique de format réduit (Fig. 1) exécutée postérieurement vers 1791 et acquise par les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique en 2002 auprès de la galerie Jacques Leegenhoek à Paris, permit de révéler la composition de l'œuvre perdue.
Notre esquisse inédite vient s’ajouter donc s’ajouter aux deux études préparatoires actuellement connues pour cette Nativité[2]. Lorsque l’œuvre commandée fut présentée au Salon de 1785, le Mercure de France rapporte : « La Nativité est une des plus belles productions du pinceau de M. Suvée. La composition est bien plus entendue, l’ordonnance sage et noble, le dessin pur, la couleur suave. La lumière y est bien distribuée, le caractère des têtes véritablement beau »[3].
Né à Bruges, Suvée est un peintre flamand qui entre dans l’atelier de Matthijs De Visch (1701-1765) à l’âge de huit ans. A vingt ans, il part pour Paris en compagnie de camarades de l’Académie de sa ville natale. Devenu élève de Jean-Jacques Bachelier, il remporte le Grand Prix en 1771 et part à Rome dans la foulée où il s’établit durant six ans. Elu membre de l’Académie royale en 1780, il revient à Rome en 1801, les succès de sa carrière l’ayant fait nommer directeur de l’Académie de France à Rome. Excellent professeur, pédagogue de renom, il est celui à avoir fait entrer le néoclassicisme dans la « Belgique » d’alors.
[1] Sophie Join-Lambert, Anne Leclair, Joseph Benoît Suvée (1743-1807). Un artiste entre Bruges, Rome et Paris, Paris, Arthéna, 2017, p. 239, P 129.
[2] Ibid., P 130 -131.
[3] Mercure de France : dédié au Roy, Paris, G. Cavelier, octobre 1785, no 40, Bibliothèque nationale de France, p. 25 [Consultable en ligne].