Tuesday 25 Nov 2025 - ARTCURIAL PARIS - Paris
Francesco GUARDI (Venise, 1712 - 1793)
Le pont du Rialto et la Riva del Vin
Panneau de hêtre non parqueté
23.5 x 34.5 cm
un cachet de collection à la cire et une étiquette avec le n°189
Estimate : 300 000 - 500 000 €
Provenance :
Collection des marquis de Boisgelin à Venise
Par descendance chez le duc Pozzo di Borgo, rue de l’Université à Paris
Par descendance, collection privée à Paris
Bibliographie : Dario Succi, Francesco Guardi Catalogo Dei Dipinti E Designi Inediti, Editoriale Giorgio Mondadori, 2021, vol. II,, pp.120 et 121, n° 159 (reproduit en couleur)
Dès le XVIIIe siècle, le patrimoine et la splendeur de Venise attirent des foules toujours plus nombreuses de touristes, notamment anglais, qui souhaitent ramener des souvenirs de leur Grand Tour. Ce qui a permis à la peinture de vedute de devenir un genre à part entière.
Le célèbre Pont du Rialto, seul point de passage entre l'Est (Sestieri de San Polo) et l'ouest (quartier de San Marco) est un sujet de prédilection de Francesco Guardi. Il l'a représenté une cinquantaine de fois sous divers angles. Concernant le point de vue choisi pour notre composition, Morassi en répertorie huit versions [1], et Succi en ajoute trois autres dans son catalogue des inédits, dont le nôtre [op. cit]. Parmi elles, citons celle du musée du Louvre (R-F 1961-44, ) [2]. Le pont est le point central, la Riva del Vin est à gauche et la Riva del Ferro de l'autre côté du Grand Canal. Sur ce même côté droit, on découvre une partie ombragée de la façade du palais Dolfin-Manin. A l'arrière-plan, on aperçoit le palais des Camerlenghi et le Fondaco dei Tedeschi.
L'eau du Grand Canal est calme, juste entrecoupée de vaguelettes. Toute la virtuosité de Francesco Guardi est concentrée ici, par sa touche vibrante, son jeu d'ombres et de lumières et de taches colorées qui réinvente la vue de ce site, le plus classique qui soit. Canaletto l'a montré d'une position plus éloignée. L'énergie frénétique caractéristique de ses œuvres tardives se perçoit dans la dynamique donnée par le mouvement des diverses embarcations, où la diagonale ascendante des bâches au-dessus des barques rejoint les quatre auvents bleus des balcons qui les surplombent. Les silhouettes des gondoliers reflètent la vie active de la cité. Ce qui donne au pont du Rialto une indéniable légèreté tandis que, juste derrière lui, un rayon de soleil perce un nuage et se reflète sur les façade blanches de pierre d'Istrie.
[1] A. Morassi, Guardi, L'Opera Completa Di Antonio E Francesco Guardi, Alfieri, 1973, p. 407 à 410.
[2] Stéphane Loire, Peintures italiennes du XVIIIe siècle du musée du Louvre, Musée du Louvre, département des Peintures, Paris, Gallimard - Musée du Louvre Editions, 2017, p.161-163.